Parfois le son de l’eau qui coule est exactement ce que le médecin nous recommanderait. Que vous retourniez à la maison après le travail ou pour un simple repas en bonne compagnie, le bassin d’eau vous offre le moment de quiétude dont vous avez besoin et surtout un équilibre parfait dans votre jardin.

Pour certains, les bassins d’eau ont mauvaise réputation, alors que d’autres ne pourraient plus s’en passer. L’une des grandes différences dans votre expérience résultera certainement de la manière dont vous allez vous préparer pour réaliser ce projet.

Nous souhaitons que vous puissiez avoir la meilleure des expériences possibles, alors voici notre ABC  pour vous permettre de rester zen à travers les étapes de réalisation de votre bassin d’eau. Il ne suffit que d’une compréhension de base en écologie aquatique, des différents types de construction de bassin et de leurs matériaux de construction.

Un guide complet pour bien aménager votre jardin d’eau

Il vous faut donc décider d’entrée de jeu si vous voulez un bassin creusé ou un bassin de surface (hors terre).

Principaux types de bassin

Il existe deux possibilités concernant le choix du type de bassin : à paroi souple ou à paroi rigide.

  • À paroi souple :
    • On utilise une géomembrane (toile imperméable) pour créer l’étanchéité du bassin.
    • C’est la technique la plus utilisée lorsque l’on veut créer un bassin d’aspect naturel.
    • On peut aussi utiliser une géomembrane pour rendre étanche un bassin composé de blocs à muret ou de pierres taillées.
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Bassin naturel avec paroi souple : Paysages Rodier

  • À paroi rigide :
    • Différentes techniques sont utilisées pour créer la paroi : béton, béton recouvert d’un enduit étanche, métal comme l’acier inoxydable ou l’aluminium.
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Bassin en béton avec vie aquatique : Paysages Rodier

Si la première est difficile à installer, son principal atout est qu’elle permet de choisir librement la forme et la dimension du bassin. Et ce n’est pas tout ! Les deux autres qualités qu’on lui reconnaît ne sont pas anodines : son coût économique et sa résistance aux intempéries (pluie, vent…). Quant au choix du matériau, qu’il soit en caoutchouc ou en PVC, ce qui compte est de le choisir résistant aux rayons ultraviolets !

La seconde possibilité : la coque, que l’on choisit pour sa facilité d’installation. En effet, étant préalablement préformée, avec paliers inclus pour les plantations, il n’y a qu’à creuser un trou dans le jardin, en respectant la forme, selon qu’elle soit carrée, ovale, ronde… etc.

À penser avant la conception

  • Système de remplissage automatique (flotte ou détecteur électronique). Lorsqu’il fait chaud, le niveau d’eau baisse en raison de l’évaporation et ce sera visible rapidement sur les bassins de petit volume.
  • Trop-plein, pour éviter que le bassin ne déborde lorsqu’il pleut.
  • Drain de fond, pour la vidange à la fin de la saison.
  • Si l’on ajoute une cascade ou une chute qui impliquent l’utilisation d’une pompe, il faut penser à une façon de l’enlever facilement à la fin de la saison. La pompe peut se trouver dans un écumoire pour la facilité d’accès (et ça aidera aussi pour la filtration).
  • Voulons-nous de la vie aquatique (poissons) dans le bassin et souhaitons-nous qu’ils y restent durant tout l’hiver ? Surtout dans le cas d’un bassin où l’on souhaite conserver les poissons tout l’hiver, la  profondeur devra être d’au moins 4 pieds (1,22 m) et l’installation d’un système d’aération est conseillée. Si l’on veut garder des poissons dans le bassin, on évitera d’utiliser des produits tels que le chlore pour conserver la qualité de l’eau. Il faudra donc s’assurer d’avoir un ph équilibré en utilisant des plantes aquatiques dans le bassin et en créant de l’ombrage avec des arbres pour limiter la prolifération d’algues.
  • Les bassins sans vie aquatique peuvent par contre être traités un peu comme une piscine.
  • La réglementation municipale est à vérifier en priorité, car elle indiquera les profondeurs et les volumes d’eau permis. On ne veut pas se retrouver avec un plan d’eau que l’on doit clôturer comme une piscine.

 

Les installations indispensables

Côté équipement, il faut savoir que l’installation d’un bassin implique la pose indissociable d’une pompe et d’un filtre. La première doit être installée au fond du bassin. Son but : aspirer l’eau circulant dans le bassin de façon à la conduire jusqu’au filtre, qui lui, s’occupera de la recycler. Quant au filtre, il pourra purifier votre eau et vous aider à faire la saine gestion des algues et autres indésirables.

Le trop-plein sera nécessaire pour maintenir le bon niveau d’eau, tandis que le drain de fond le sera lorsque vous aurez besoin de vider votre bassin pour l’hiver ou pour en faire l’entretien.

Comment démarrer le projet ?

Nous conseillons de démarrer votre projet avec la conception d’un dessin détaillé ou d’un plan de votre bassin que vous reproduirez directement sur le sol, soit à l’aide de peinture en aérosol ou d’un boyau d’arrosage. Vous aurez ainsi une meilleure idée de ses proportions et de la forme qu’il prendra dans votre aménagement. S’il y a du roc, vous devriez opter pour un bassin de surface dont le fond n’a qu’à être à une quinzaine de centimètres dans le sol.

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Source : jardindeau.net

Les pompes et filtres pour votre jardin d’eau

Une eau qui macère n’est jamais de bon augure ni pour la santé du biotope de votre jardin d’eau ni pour l’esthétique de celui-ci. La recommandation de base pour avoir une eau de qualité ? Il est primordial qu’elle soit toujours en contact avec de l’oxygène. Pour cela, on peut utiliser des systèmes qui mettent l’eau en mouvement, comme des petites fontaines et des chutes d’eau, des pompes d’aération mécanisées ou des plantes aquatiques oxygénantes.

Les pompes peuvent avoir plusieurs fonctions : faire circuler l’eau dans le bassin, forcer l’eau à sortir d’un jet, d’un ruisseau, d’une cascade, etc., et faire passer l’eau dans un ou plusieurs filtres ou zones de filtration. La puissance de la pompe dépend du type d’éléments décoratifs, du volume d’eau total en jeu et de la force du déplacement aqueux désiré. Les conseils d’un expert sont requis ici afin de bien calibrer la filtration. À ce titre, on compte à peu près un tiers du volume d’eau du bassin pour calculer la puissance de la pompe. Notez en outre que tant les jets d’eau que les cascades ont pour effet d’oxygéner l’eau, en plus d’améliorer l’apparence esthétique.

Précautions : un jet d’eau trop haut fera en sorte de vider le bassin par grand vent. Aussi, n’installez pas de jet d’eau près des nénuphars, car les fleurs et les feuilles flottantes ne supportent pas d’être constamment arrosées. Avec de l’ombrage, vous réduirez les chances que votre eau tourne au vert.

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Source : mag.plantes-et-jardins

L’introduction de poissons dans un jardin d’eau

Vous aimeriez ajouter de la vie dans votre aménagement ? L’introduction de poissons est possible. Les poissons se nourrissent de larves de moustiques, ils sont donc nos alliés pour les combattre. Mais attention, la qualité de l’eau va être plus difficile à maintenir. Ils ne remplacent pas le travail d’aération et de filtration des pompes et jets d’eau. Leurs excrétions et leur alimentation en excès polluent l’eau par leur richesse en nitrates, favorisant la croissance des algues. Il est très important d’avoir un équilibre entre la grandeur du bassin et le nombre de poissons et la quantité de plantes qu’on veut y mettre.

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Les poissons les plus courants dans les bassins de jardin

Le poisson rouge

Un poisson sans souci, rustique, facile d’entretien, qui s’adapte à tous les types de bassin. En moyenne, le poisson rouge mesure 12 à 30 cm. Il en existe un grand nombre d’espèces, de couleurs et de tailles diverses : les comètes (poissons rouges communs), les comètes-sarasas (rouge orangé et blanc, avec de longues nageoires) et les shubunkins (rouge orangé, noir et blanc). Attention, ils se reproduisent rapidement !
Taille du bassin : jusqu’à 3000 L, 10-15 m²
Profondeur : au moins 80 cm sur un tiers de la surface
Population : comptez 8 poissons par md’eau.

Coût : de 0,50 $ à 15 $

Les carpes 

Réservées au grand bassin. En moyenne, la carpe koï mesure 120 cm. La carpe japonaise se décline en plus de 75 espèces de couleurs différentes : la kigoi dorée, l’aka matsuba rouge, la kimatsuba dorée avec des écailles noires… Les koïs peuvent atteindre 60 centimètres de longueur et vivre jusqu’à 25 ans.

Taille du bassin : 20 m² minimum (au moins 100 pi2, et même 150, si on veut quatre ou cinq individus)
Profondeur : au moins 150 cm
Population : comptez 1 carpe koï par m3 d’eau.

Coût : 15 $ à plus de 200 $

Les poissons de rivière

Vairon, ablette, perche soleil, épinoche, bouvière ou encore l’esturgeon, un gros poisson qui réclame à lui seul 15 m3 d’eau.
NB : Ne prélevez jamais les poissons dans la nature, procurez-vous-les plutôt auprès d’un éleveur.

Peut-on mettre plusieurs espèces différentes dans le bassin ?

Oui, mais au début, uniformisez les tailles afin d’éviter le cannibalisme des plus petits par les plus grands. Évitez également la surpopulation, cause d’une forte mortalité.

Comment nourrir les poissons ?

Apportez-leur des granulés flottants, quotidiennement, sans toutefois leur en donner en excès.

Important : Quoi faire avec les poissons l’hiver ?

Vous allez sans doute apprécier trouver la bête exotique qui rendra votre jardin unique. Mais prenez garde lorsque viendra le temps de relâcher le poisson. Il ne faut pas se départir de la créature comme si vous vous débarrassiez de votre petit poisson NEMO. Ceci peut engendrer de graves problèmes dans notre écosystème, nos bassins, lacs et rivières québécois.

À cet effet, nous vous invitons à lire cet article sur l’une des nuisances persistantes dans le Saint-Laurent. L’arrivée de ces animaux nuisibles peut causer des dommages irréversibles, notamment en introduisant des maladies contre lesquelles les espèces indigènes ne sont pas immunisées et provoquer ainsi une mortalité massive. Ils peuvent aussi devenir des prédateurs, voler la nourriture et les frayères ou bien s’approprier de plus larges territoires.

Quelles sont les solutions de rechange ? Les offrir à une animalerie, à une école ou à une résidence de personnes âgées. On peut aussi publier une petite annonce ou tout simplement les donner. Quant aux plantes exotiques, il faut les détruire en les compostant ou en les mettant à la poubelle. Pour information : www.habitattitude.ca/fr/

Trois groupes de plantes à intégrer

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Source : Hagen

Les plantes submergées

Cette catégorie de plantes permet la filtration et l’oxygénation de l’eau. On retrouve dans cette catégorie l’élodée du Canada (Elodea canadensis).

Les plantes oxygénantes sont placées dans des paniers spécialement conçus et déposés dans le fond du bassin. L’utilisation des paniers facilite le nettoyage du bassin et l’entretien des plantes. (Ratio : 4 par m2).

Elles se nourrissent principalement des éléments minéraux contenus dans l’eau du bassin. Mais si vous constatez une diminution de leur vigueur, fertilisez sans hésiter avec les engrais pour plantes aquatiques.

Les plantes émergentes

Celles-ci jouent aussi un rôle de filtration. Certaines de ces plantes ont des floraisons intéressantes comme l’iris versicolore et la pondoterie (Pondeteria lancifolia).

Les plantes émergeantes, en paniers, et les plantes palustres, en pots, sont installées dans le bassin en zone peu profonde. Selon les exigences de chacune, on dispose les plantes riveraines et de bordure dans le sol des platebandes sur le pourtour du bassin. (Ratio : variable, selon les besoins.)

Pour les plantes aquatiques installées dans les paniers submergés, utilisez un terreau spécialement conçu pour cet usage.

Elles se nourrissent d’éléments minéraux contenus dans l’eau. Fertilisez sans hésiter avec un engrais pour plantes aquatiques, si vous constatez une diminution de leur vigueur.

Exemple : jonc fleuri, pontédérie, houttuynia chameleon.

Les plantes flottantes

Elles créent de l’ombre et empêchent les rayons lumineux de pénétrer la surface de l’eau. Elles permettent aussi aux poissons de se mettre à l’abri des prédateurs. Elles ne nécessitent aucune plantation ni fertilisation. On les dépose simplement sur l’eau. (Ratio : 2 par 1,5 m2)

Une surabondance de poissons ou le manque de plantes, combinés à une eau trop exposée au soleil, vont contribuer au développement des algues filamenteuses. L’équilibre est vraiment important, car on recrée un écosystème et c’est là le succès d’un bassin d’eau. Et attention de ne pas abuser de la nourriture à poissons ! Cela aussi pourrait vous occasionner des problèmes d’algues.

 

La règle d’or : Afin d’atteindre l’équilibre biologique dans votre jardin aquatique, il importe de consacrer un tiers de la surface de l’eau aux plantes et de laisser les deux tiers libres.

Hivernage des végétaux

Certaines plantes aquatiques sont tropicales et devront être éliminées à l’automne puisqu’elles ne résistent pas au gel. D’autres pourront être conservées à l’intérieur pour l’hiver ou certaines peuvent être conservées en faisant sécher le bulbe, qui sera gardé dans de la vermiculite.

Plusieurs plantes sont rustiques et passent l’hiver dans l’eau ou sur le rivage. Le nénuphar peut passer l’hiver dans le bassin si une épaisseur minimum de 30 cm (12 pouces) d’eau le recouvre.

Quatre pièges à éviter

Les erreurs les plus courantes dans l’aménagement d’un bassin sont les suivantes :

  1. Omettre de vérifier auprès de sa municipalité si un permis est exigé;
  2. Omettre de repérer les fils et les canalisations enfouis et d’en identifier leur emplacement;
  3. Tout remplir de cailloux… C’est à proscrire ! Ça devient chaud, contribue à créer des algues vertes et rend difficile de créer un équilibre.
  4. Lorsqu’il pleut, l’eau du terrain ne doit pas ruisseler dans le bassin. Il faut surélever un peu les côtés ou se faire un drain agricole autour.

Une idées à essayer

  1. Créer un mini-jardin dans des contenants en verre transparent peut donner de très beaux effets, surtout lorsqu’on y ajoute une lampe aquatique.
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Paysages Rodier

Démarrez son projet simplement !

Ça ne vaut pas la peine de s’encombrer d’un trop gros projet dès le départ. Soyez réaliste avec le temps que vous avez à y consacrer. Démarrer avec une fontaine et quelques plantes aquatiques en pot pourra vous donner quelques rudiments la première année en vue de parfaire votre expérience et de bien planifier votre projet. Faites vos devoirs, lisez quelques livres ou blogues pour bien vous instruire et sentir que vous maîtrisez bien le sujet. Bien vous informer, c’est le meilleur conseil que nous pouvons vous offrir si vous désirez vous lancer dans l’aventure.

 

6 mythes et réalités sur les jardins d’eau

Mythe n° 1  :  Un jardin d’eau c’est beaucoup d’entretien !

Un écosystème aquatique bien conçu ne demande que quelques minutes d’entretien par semaine.

Mythe n° 2 :  C’est nécessaire de vider le bassin régulièrement !

Si votre jardin d’eau est un écosystème aquatique en harmonie avec la nature, alors la vidange complète s’effectue seulement une fois par année, au printemps. Nous recréons ainsi le cycle naturel de nettoyage des lacs qui se produit à la fonte des neiges.

Mythe n° 3 :  Il faut au moins 1 mètre de profondeur pour avoir des poissons !

Voici un mythe tenace. L’hiver, l’eau gèle seulement à 20 cm (8 pouces) de profondeur, à cause des propriétés isolantes du sol autour du bassin. Les poissons rouges et les koïs se développent très bien dans des bassins de 60 cm (2 pieds) de profondeur. L’important, c’est de garder une ouverture dans la glace pour que l’oxygène entre dans l’eau.

Mythe n° 4 :  Les roches et les galets de rivière rendent le bassin difficile à nettoyer!

Bien au contraire, la présence de roches et de galets de rivière offre un support pour le développement des bactéries purificatrices qui digèrent la matière organique. Sinon, cette dernière s’accumulerait au fond pour former de la vase.

Mythe n° 5 :   On doit aménager un jardin d’eau dans la partie la plus basse d’un terrain, car l’eau y reste !

C’est probablement la pire place pour y installer votre bassin. À cause du ruissellement de surface, beaucoup de débris seront entraînés dans le bassin. De plus, s’il y a de l’eau sous la toile, cette dernière peut se soulever et déformer le bassin.

Mythe n° 6 :   Vous devez tester l’eau du bassin régulièrement !

Mère nature ne teste jamais son eau et son écosystème aquatique se porte très bien. Un jardin d’eau bien conçu ne requiert normalement aucun test d’eau.