Irrigation et arrosage extérieur 

L’arrosage permet de conserver un jardin et une pelouse en bonne santé. Mais, même si cela paraît un geste facile, un bon arrosage ne doit pas être le fruit du hasard : chaque terrain, chaque plante et chaque région se caractérise par des besoins spécifiques en eau.

Selon la configuration de votre espace extérieur, plusieurs solutions sont envisageables. De l’arrosage manuel aux systèmes d’irrigation les plus sophistiqués, l’offre est variée. Différents critères sont à prendre en compte pour faire le bon choix :

  • la surface du terrain
  • le type de sol
  • les périodes d’absence
  • les variétés de fleurs
  • le climat
  • et enfin, le budget

C’est un investissement qui apporte rapidement de nombreux avantages, surtout avec les dernières technologies. Seule petite contrainte : respecter la réglementation québécoise et municipale en vigueur, qui restreint parfois l’utilisation en eau.

Rodier paysagiste certifié APPQ (Association des paysagistes professionnels du Québec) vous présente les 3 types d’arrosage et d’irrigation possibles chez vous…

1) Avez-vous vérifié les pentes de votre terrain ?

Mais avant de débuter, nous vous recommandons de vérifier les pentes de votre terrain. Vous devez vous assurer que toutes les pentes au pourtour de votre demeure dirigent l’eau vers l’extérieur dans le but d’éloigner au maximum l’eau de votre drain français.

Si vous ne corrigez pas cette situation par l’apport de nouvelle terre, l’accumulation d’eau à cet endroit pourra se solder par une surcharge d’eau en périphérie de la résidence et vous risquez d’avoir des infiltrations d’eau. Cette mesure fait partie de l’entretien normal. Vérifiez la situation chaque année et corrigez-la au besoin.

Pour l’ensemble du terrain, on recommande une pente d’environ 2 %, mais il est de mise de prévoir une pente plus importante près du bâtiment, soit 10 % sur une distance de 2 m (6 pi). Toujours laisser un espace d’au moins 200 mm (8 po) par rapport au-dessus de la fondation.

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2) L’arrosage manuel, un geste chronophage

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Source-Pinterest

Arroser ses fleurs et plantes à la main présente l’avantage d’être économique en termes de matériel et d’eau. Si cette tâche est jugée plaisante pour certains propriétaires de jardin, elle devient souvent une corvée à la longue… Sans compter que l’on n’est pas toujours chez soi au meilleur moment de la journée pour arroser la pelouse, le potager ou les plantes.

On ajoutera que ce type d’arrosage demande beaucoup de temps et d’efforts. Des précautions sont également à prendre pour obtenir un bon arrosage.

Le système du goutte-à-goutte apparaît alors comme une alternative facile à mettre en place pour les massifs de fleurs et le potager, surtout pour les petits jardins.

Les bons gestes du jardinier lors de l’arrosage

  • Arroser le sol et non les plantes. En effet, des maladies peuvent se développer si les feuilles restent mouillées. Si l’on ne prend pas garde, l’excès d’eau peut engendrer la prolifération de champignons.
  • Ne pas laisser des flaques se former au pied de la végétation. C’est le signe d’un surplus d’eau et cela risque d’attirer les moustiques ou autres nuisibles.
  • Arroser régulièrement, mais pas trop, selon les besoins des espèces de plantes et en fonction des saisons.
  • Éviter d’arroser au plus fort du soleil, car l’eau s’évapore et elle est gaspillée (jusqu’à 50 % de perte d’eau !). Il est conseillé d’arroser les plantes à la tombée de la nuit ou le matin de bonne heure, avant 8 heures. De plus, les perles d’eau sur chaque brin d’herbe agissent comme des loupes qui accentuent les effets du soleil et grillent littéralement l’herbe.
  • Ne pas arroser tous les jours systématiquement, sauf lors de fortes chaleurs. Il vaut mieux abreuver vos fleurs en grande quantité et moins souvent, ce qui favorise le développement des racines… Là encore, il faudra considérer les besoins spécifiques de chaque espèce de plante ou de pelouse.

 

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3) L’arrosage par aspersion, idéal pour les pelouses

Vous souhaitez que votre jardin soit bien entretenu sans y passer un temps inconsidéré ? Alors choisissez l’arrosage avec un bon vieil arrosoir.

Il existe plusieurs modèles d’aspersoirs (statique, rotatif, oscillant, à impulsion). Les modèles les plus performants arrosent sur une distance de 30 mètres.

Le choix du système d’arrosage dépend :

  • du type de plantes que vous nourrissez;
  • de la surface;
  • de la nature du terrain;
  • de la saison et du climat…

L’arrosage par aspersion est un gain de temps quotidien, mais vous devrez vous en occuper.

Ce système présente malheureusement un inconvénient : Il gaspillera beaucoup d’eau. Il faut donc doser le jet d’eau projetée afin de lui laisser le temps de s’infiltrer dans le sol et ne pas en perdre autant dans la rue.

 

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4) La micro-irrigation, une solution discrète et efficace

Cette technique d’arrosage permet une meilleure gestion de l’irrigation, mais elle demande une installation professionnelle.

L’eau est diffusée à la base des plantations sans stagner dans le sol ou mouiller les feuilles. L’arrosage passe par des tubes placés au niveau du sol ou enterrés. Ces petits tuyaux sont en polyéthylène, les raccords sont en PVC et les collets en acier inoxydable. Le résultat est particulièrement esthétique, car rien n’est visible en surface.

Ce dispositif permet de gérer la consommation d’eau et de cibler l’arrosage. Il s’adapte aux besoins des différentes plantes du jardin et à la météo grâce à un système de programmation domotique.

Avec ce type d’alimentation en eau (éventuellement en nutriments), le jardinier apprécie que l’irrigation soit assurée en son absence ou en cas d’oubli. Cependant, nous l’avons déjà mentionné, sa mise en place et son entretien doivent être effectués par un professionnel du paysagement.

Outre l’expertise paysagiste, l’installation de l’arrosage par aspersion requiert un savoir-faire en plomberie et électricité. Il faudra aussi prévoir :

  • Un entretien d’espaces verts et jardins régulier pour la vidange de la tuyauterie en automne;
  • Des réaménagements du réseau pour suivre l’évolution du jardin au fil des saisons et des années.

 

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Source: Arizona irrigation

5) Arrosage/irrigation : le confort

Les dernières innovations améliorent l’irrigation sur tous les plans : meilleure gestion de l’eau, intervention à distance, esthétisme… L’irrigation entre dans l’ère de la domotique, et vous n’aurez plus besoin de vous en soucier 🙂

Les capteurs d’humidité

Concernant l’arrosage automatique, il existe des détecteurs d’humidité : des contrôleurs d’évapotranspiration « intelligents » vont interpréter des signaux émis par la radio ou des sites internet de météo. D’autres modèles viennent avec une petite station météo qui est installée discrètement près de la maison et sera en mesure d’évaluer les précipitations et l’humidité ambiante et adaptera l’arrosage de votre terrain en conséquence.

Ainsi, en cas de prévision de pluie, l’arrosage est alors retardé automatiquement.

Selon le type d’arrosage automatisé installé, la distribution d’eau sera spécifiquement adaptée à certaines sections du jardin. Le gazon à l’avant, sous fort ensoleillement, la section du potager, celle des fleurs et chaque zone aura ses buses respectives…

L’irrigation est ainsi optimisée. Connectée au wifi, la domotique se met au service de l’arrosage. Vous pouvez tout contrôler à distance de chez vous… ou de votre smartphone, si désiré.

Des gicleurs escamotables

Côté esthétique, les gicleurs à têtes escamotables disparaissent dans le sol pendant les périodes d’inactivité. Le système d’irrigation se fond alors dans le paysage.

Par contre

Le coût pourra en freiner plusieurs, car il nécessite une bonne intervention sur la propriété. Mais tous nos clients le disent : ils ne reviendraient pas en arrière ! Les plus habiles trouveront le moyen de le faire eux-mêmes avec des ensembles de grandes surfaces.

 

L’eau est précieuse : économisez-la!

Chacun peut participer à une irrigation écoresponsable en adoptant les bons gestes et de bonnes habitudes.

Ces comportements très simples ne sont pas si contraignants. Il est recommandé, par exemple :

  • Éviter d’arroser quand il fait chaud, en pleine journée.
  • On choisira plutôt des créneaux horaires en matinée ou en soirée.
  • Il est possible de couper le gazon au plus haut, de sorte à ce qu’il garde l’humidité plus longtemps et s’assèchera moins rapidement lors des grosse ou longue périodes de chaleur.
  • On veillera à ce que l’arrosage se fasse en suffisamment de temps pour laisser l’eau pénétrer en profondeur.

Créez des zones distinctes dans votre cour arrière selon les plantes et leurs besoins. Celles qui sont gourmandes en eau seront placées en tête de l’aménagement paysager. Avec quelques ajustements logiques, les économies d’eau deviennent rapidement effectives.

 

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Source Pinterest

Et l’eau de pluie ?

Une autre bonne idée pour économiser l’eau : récupérer l’eau de pluie grâce à des collecteurs. Les certifications LEED demandent d’avoir un récupérateur d’eau de pluie. Il y a maintenant plusieurs modèles de réservoir. Vérifiez dans votre municipalité, plusieurs d’entre elles offrent des incitatifs pour passer à l’action.

Il n’y a pas que les barils…

Si vous êtes vraiment intéressé, vous pouvez installer un réservoir beaucoup plus grand et récolter beaucoup plus d’eau chaque semaine. Ceci maximisera vos arrosages et sera très écologique.

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Source : Mon aménagement jardin

Les réglementations de l’eau au Québec

La gestion de l’eau potable est devenue une priorité au Québec. En 2000, suite à une importante étude, la Commission Beauchamp a présenté ses conclusions. Le gouvernement a choisi de suivre ces recommandations en adoptant 57 engagements.

Les problèmes pointés concernent les habitudes de la vie courante :

  • l’utilisation des piscines
  • le lavage des voitures
  • les mauvaises pratiques en matière d’irrigation, et plus particulièrement en période estivale, au cours de laquelle l’arrosage s’intensifie

Ces constatations ont amené le gouvernement à demander la mise en place de meilleures pratiques. Les abus pourraient être réduits en privilégiant la collecte des eaux pluviales, à titre d’exemple.

 

La réglementation des villes

Les municipalités sont également mises à contribution pour décider des mesures de restriction de l’eau sur le plan local. Ainsi, il faut se renseigner auprès de sa ville afin de connaître la réglementation en vigueur.

La ville de Québec, par exemple, donne des directives concernant l’irrigation. L’arrosage automatique est permis les dimanche, mardi et jeudi, de 3 h à 6 h.

On retrouve les mêmes restrictions pour Gatineau, qui réglemente l’arrosage extérieur du 1er mai au 30 septembre. Les adresses paires peuvent arroser de 3 h à 5 h du matin les mardi, jeudi et samedi.

Pour les adresses impaires, c’est le mercredi, vendredi et dimanche aux mêmes heures. Dans certains cas, il est possible d’obtenir une dérogation. Dans ce cas, il faut demander un permis temporaire d’arrosage.

À titre indicatif, nous vous indiquons ci-après les liens vous permettant de prendre connaissance des réglementations relatives à différentes municipalités.

 

Réglementation municipale de l’usage de l’eau

 

Nos paysagistes et concepteurs d’espaces verts connaissent ces réglementations et restent à votre disposition pour vous en informer… Merci de nous contacter au 450 796 2266.